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De Langoiran au Tourne, objectif qualité de vie
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De Langoiran au Tourne, objectif qualité de vie
Si le Maire de la commune girondine de Langoiran (2250 habitants- 2014) nous confiait vouloir conserver La qualité du cadre de vie déjà existant dans la commune, il en est de même pour le village voisin de Le Tourne. Ces deux villages de l’entre deux mers situés à vingt kilomètres (au sud) de Bordeaux et de ses 250 000 habitants intra-muros, ne comptent à eux deux qu’environ 3 050 résidents. Savant calcul à l’appui, vous aurez compris que le village du Tourne n’abrite que 700 habitants à l’année. Intéressons-nous premièrement à la commune de Langoiran, terre d’enfance du célèbre «petit prince» du football dans les années 70-80 : j’ai nommé Alain Giresse. Situé au sud du village du Tourne et séparé de celui-ci par le ruisseau du Grand Estey qui se jette dans la Garonne en contre-bas, Langoiran aspire aujourd’hui à une très imagée «migration vers le Nord». Celle-ci transparaîtra dans la prise de décisions de la nouvelle communauté de communes des Portes de l’Entre Deux Mers à laquelle le village appartient depuis le 1er janvier 2017 et dont le siège se situe désormais à Latresne, 15km au Nord de Langoiran. Le village fait dorénavant partie d’une communauté de 11 communes du territoire, regroupant un bassin de population de plus de 20 000 habitants répartis sur 88km carrés. A noter également, l’importance du budget communautaire qui s’élève désormais à 16.7 millions d’euros. Dans la pratique, cette intégration permet l’harmonisation des services, structures et équipes comme dans le domaine de l’entretien et la gestion des voiries ou encore la petite enfance. Pour l’exemple, 3 accueils péri-scolaires ouvriront rien que dans les communes de Langoiran et du Tourne. Autre projet de taille, la rénovation des quais de la Garonne de Langoiran à le Tourne, porté par la nouvelle CDC ainsi que les deux villages pour une valeur de 1 380 000€. Un réaménagement qui s’avère nécessaire d’un point de vue touristique mais aussi naturel puisque le dragage de masse effectué pendant les « 30 glorieuses » a conduit au délabrement de la rivière Garonne et de ses berges. La stratégie touristique locale évoquée par Jean-Francois Boras, maire de Langoiran, a pour but de « développer un tourisme durable et responsable répondant à la demande croissante de visiteurs en quête de séjours authentiques». Pour le village girondin, la Garonne est bel et bien une alliée même si elle a déjà eu « débordé » d’enthousiasme envers la commune, et ses jolies bâtisses de pêcheurs du 16ème siècle en bords de fleuve. La surface totale de Langoiran (10km carrés) peut se diviser en 3 entités principales. Premièrement se dresse le port de Langoiran, premier avec des quais bâtis et ayant connu son apogée au 18ème siècle grâce au trafic fluvial par le biais de la gabare, bateau typique de la façade Atlantique. On retrouve ensuite le centre-bourg qui abrite une grande partie des 37 artisans et commerces du village dont son supermarché, ou encore son cinéma « Le Splendid » classé Monument Historique, style art-déco de 1945, aujourd’hui réinventé en salle de spectacles. L’on comprend ensuite que la zone soit prisée des randonneurs puisque la 3ème entité est appelée le Haut-Langoiran et depuis le centre, la route ravira les grimpeurs… Cependant, là-haut peut se visiter l’Eglise Saint-Pierre-ès-liens qui est en fait une chapelle datant de 1541, également classée Monument Historique et dédiée à la vierge Marie. Comment ne pas mentionner le château médiéval de Langoiran datant du 13ème siècle. Forteresse royale au 15ème siècle, ce monument fût un des éléments les plus prestigieux d’Aquitaine avant d’être détruit en partie au 17ème siècle. De l’autre côté de la rive et du pont Eiffel de 1881, se tient le site archéologique de la Castéra, ancien « castrum » ou « lieu fortifié » que l’on pense avoir été un point de passage majeur au Moyen-âge dans l’Entre Deux Mers. Commune culturellement dynamique, le maire entend garder en ligne de mire l’aspect qualitatif de la vie à Langoiran. Ainsi est en projet la rénovation du bourg sans agrandir la commune, mais avec l’objectif d’attirer, pourquoi pas, de jeunes couples dynamiques et ambitieux.
Enjambons maintenant la rivière du Grand Estey et arrivons à Le Tourne, village girondin directement relié à Bordeaux par la départementale D10 à une vingtaine de minutes. Tout comme Langoiran, la commune s’est fait une réputation au 19ème siècle grâce à la tonnellerie, la batellerie ou encore les chantiers navals (6 dans les années 1830). En parallèle de sa démarche pour la valorisation du patrimoine, la commune souhaite conserver sa vocation sociale et s’investit depuis de nombreuses années dans le «vivre ensemble» et la vie associative. Symbole à lui seul de tous ces engagements tant écologiques qu’économiques, « Les Chantiers Tramasset », chantier de construction navale, est un véritable outil de formation, d’insertion et de développement local. Projet fédérateur lié à la rivière et à sa gestion, le « vivre ensemble » prôné par la mairesse Marie-Claude Agullana se retrouve également dans la mise en place de la première mutuelle santé intercommunale de Gironde au 1er janvier 2017. Forte de sa dizaine d’associations (du tai-chi au cinéma en passant par la mode) et de commerces, la commune du Tourne présente un attrait certain du fait de son environnement encore à l’abri des empiètements de la métropole bordelaise. La commune en appelle désormais à l’engagement militant pour défendre son patrimoine tout en restant dans les cordes financièrement. Ancrés dans cet environnement riche, entre coteaux et Garonne, 10 chambres d’hôtes se regroupent sur les deux villages dont la belle « Maison du Mascaret » au Tourne, édifice en pierre sur les berges de Garonne. Toujours au Tourne se trouvent un décorateur d’intérieur, un ébéniste d’art, un vendeur de mobilier original haut de gamme ainsi que deux agences immobilières, dont « Les Clés d’Aquitaine », spécialisée dans le conseil juridique et fiscal.
A l’heure de la prise de conscience des communes de l’Entre-deux-Mers du besoin de se moderniser pour attirer, la commune de Langoiran et du Tourne n’échappent pas à la règle. Symbole de ce besoin de modernisation et de solidarisation, l’existence depuis deux ans d’un espace digital de « co-working » à Langoiran. En parallèle de ces envies de connexion avec les communes proches de l'agglomération bordelaise se pose la question de la protection et de la valorisation du patrimoine. Toutes deux très riches culturellement, ces communes comptent développer l’attrait pour les coteaux et la Garonne en menant des actions durables et respectueuses.
Théo Chauffourier
CADILLAC STYLE « (RE)NAISSANCE »
Si la ville de Cadillac est connue pour sa forteresse et son héritage architectural si atypique qu’elle a su conserver dans sa quasi-totalité depuis la fondation des remparts en l’an 1280, il est aujourd’hui question pour la commune girondine de s’ouvrir à un monde changeant et de s’atteler à une campagne de grands travaux. La ville et ses 2 700 habitants (2014) sont soutenus par un maire, Jocelyn Doré, se disant «confiant» en l'avenir. Symbole de ce besoin d’un coup de fouet régénérateur exprimé dans l’article paru dans le Sud-Ouest du 11/01/2017, intitulé «Une ville qui bouge» (Patricia Callen), le projet de création d’un street park dédié aux jeunes. Exemple d'une des ambitions de la mairie dont le budget dédié aux investissements s’élève à 5 700 000€.
Une ville qui attire, c’est déjà le cas. Ainsi en 2016, 14 000 personnes ont accosté sur le ponton du port de Cadillac, principalement des Américains et Hollandais animés par le désir de découvrir l’un ou la totalité des 5 monuments historiques recensés dans la commune. A commencer par l’église collégiale fondée en 1494, située en face du château ducal d’Epernon fondé sous le règne d’Henri IV et classée monument historique depuis 1862. Sur la même place (de la Libération), se trouve le pittoresque cinéma de la ville rénové en 1999, où la programmation variée oscille entre cinéma d’auteur, programmation familiale et conférences-débats cinéphiles voire mélomanes… Si le film vous a plu, alors tant mieux, peut-être continuerez vous votre promenade découverte en aval du pont Eiffel qui enjambe la Garonne, au restaurant « L’entrée Jardin », reconnu par nombre de guides touristiques et culinaires, ou dans un des 5 autres restaurants de la ville Bastide. Quoi de mieux par la suite que l’hôtel restaurant 3étoiles du « Château de la Tour » pour se reposer. Si les Cadillacais sont fiers de leur ville, on ne peut que leur donner raison. Située dans une région viticole bénéficiant du label Bordeaux AOC, Cadillac est le théâtre d’une riche histoire depuis le XIIIème siècle et produit notamment un vin liquoreux extrêmement réputé dans le monde entier. L’oenotourisme constitue par ailleurs un des piliers du projet du nouvel Office de tourisme du Pays de Cadillac et de Podensac. Les 36 membres de son C.A souhaitent intégrer le maximum d’acteurs locaux dans la dynamique de valorisation du patrimoine du secteur, afin de générer le plus de retombées économiques et touristiques possibles. Ce n’est pas la Maison des Vins de Cadillac qui vous dira le contraire, ayant été élue médaille d’or au «Best of Wine Tourism ». Tout aussi important pour la commune : le développement du tourisme fluvial avec le projet d’aménagement d’un ponton favorisant le « Day Cruise » et ainsi le tourisme à la journée. Le tourisme vert n’est pas en reste, la ville bénéficiant d’un sentier pédestre longeant les bords de Garonne et s’intégrant aux boucles de randonnée déjà existantes. La vue sur la Garonne peut également s’apprécier depuis la piscine municipale ouverte 6 jours sur 7.
Désireuse de toujours plus s’intégrer dans un territoire porteur et lancée dans un programme de «développement touristique», la ville de Cadillac fait partie depuis le 1er janvier de la nouvelle Communauté de Communes regroupant 25 villes et villages créant un bassin de population de plus de 30 000 habitants. Cette nouvelle conception de la gouvernance locale permet la solidarisation des actions et la pérennisation des services au sein d’un territoire élargi. Les projets y seront connectés et les investissements plus importants, au sein d’une mosaïque de milieux, du Sauternais aux coteaux de Garonne, tout cela bordé par les côtes landaises. La logique de maintien du patrimoine entourant ces sites permet déjà la responsabilisation des visiteurs, ainsi qu’une prise de conscience plus générale concernant l’environnement. Le respect du terroir se retrouve également dans les paniers en osier tous les samedis matin au cœur de la bastide où se tient le marché le plus important du sud-gironde. Ce marché très animé regroupe une centaine de commerçants proposant des produits locaux, dont une rue entière consacrée aux producteurs biologiques. Si la Bastide fédère, ce n’est pas le cas seulement les samedi matin, mais tout au long de l’année puisque les 45 associations (tant sportives que culturelles) au sein de la ville mettent en place de nombreuses scènes, apéros-concert, spectacles et balades nocturnes ponctuées de scènes théâtrales bénévoles. Le festival « Balades en Cadillac » est l’occasion d’apprécier feux d’artifices, concerts mais surtout visites et dégustations dans les châteaux viticoles, de juillet à septembre.
Enfin comment ne pas évoquer l’actualité et l’avènement de la ligne à grande vitesse (LGV), inaugurée en juillet 2017. Elle attirera 2 millions de personnes de plus selon la SNCF soit 20 millions de personnes par an, et place désormais Paris à seulement 2h04 de Bordeaux. Ce sont plus principalement les villes de Nouvelle-Aquitaine qui ont à y gagner, les entreprises recherchant de meilleures conditions de vie pour leurs salariés ainsi qu’un foncier moins onéreux. C’est à Landiras (à peine 13KM de Cadillac) que l’on s’en réjouit, puisque la zone d’activité économique (ZAE) de Coudannes propose 14 lots de 1200 à 10 000m2 à la vente, à 16€ le mètre carré. Important également de mentionner le fait que Bordeaux n’est qu’à 30 minutes de la ville forteresse de Cadillac via la A62, 1h en bus et un quart d’heure en TER.
La ville de Cadillac a selon son maire décidé « d’accepter le changement » afin de ne pas se cantonner à « un hypothétique âge d’or qui n’a pas existé » et d’enclencher un vaste programme d’aménagement. En témoigne dernièrement la signature de la Convention d’Aménagement de Bourg, dispositif exclusivement girondin permettant de soutenir le développement des espaces publics pour les villes de moins de 10 000 habitants. Le projet cadillacais d’«ouvrir la Bastide vers le fleuve de la Garonne» s’est ainsi vu bénéficier de 200 000€ de subventions grâce à la convention d'aménagement du bourg. Convention facilitant le projet de «requalification des allées» permettant un accès plus facile aux piétons et vélos. Telle la Bastide vers la Garonne, Cadillac a donc pour objectif de s’ouvrir et d’accueillir, de se développer et de connecter les territoires entre eux. Forte de plusieurs assises culturelles et patrimoniales, avec un bassin de population grandissant de jour en jour, la ville forteresse du 13ème siècle, s’offre un coup de lifting, et ne demande qu’à grandir avec son temps…
Théo Chauffourier